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Vague hip hop à l’école

Publié le 21 sept.. 2010
, par Alexandre Minel
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J’avais oublié comme c’était dur d’être écolier… Se lever difficilement le matin, bien avant sept heures. Et gravir quelques minutes plus tard les pentes de la Croix-Rousse, à pied bien-sûr pour compliquer l’affaire…. Enfin j’arrive à l’école primaire Aveyron. Plus personne dans la cour. Suis-je déjà en retard ? Même pas, j’avais aussi oublié qu’on commençait non pas à huit mais à huit heures trente ! Sauvé ! Tant de stress dès le matin, l’école ne me manquait décidément pas.

La cloche sonne, avec son bruit synonyme de liberté ou bien d’enfermement… Dix-sept classes aux cris perçants regagnent leur salle de cours. Rendez-vous au gymnase de l’école, au milieu des cerceaux multicolores, des poutres et des trampolines. Ce matin, place au hip-hop, avec deux classes de CE2. Abdou N’Gom et Constance, de la Compagnie Stylistik, proposent un atelier d’initiation à cette danse, avec une démarche très pédagogique. Certains connaissent déjà le hip hop, dont Pierre, dix ans, qui fréquente le péristyle de l’Opéra le weekend. Le temps d’une heure, la classe se divise en deux groupes. Côté gymnase, une dizaine d’enfants se laissent envahir avec Constance du mouvement de la vague, avant de s’affronter en battle. Côté couloir, une dizaine d’autres enfants apprennent et improvisent une chorégraphie sur les notes de Yann Tiersen, suivies d’un sample hip-hop du Holidays de Madonna. Les « vacances » dansantes se terminent vite ; la seconde classe remplace la première, qui retourne étudier. Tous se retrouveront une heure plus tard pour la récré.

On court, on crie, on pleure, on joue, comme dans toute cour. Sauf qu’aujourd’hui fusent de toutes parts des « c’était génial », « j’ai adoré, « c’était super ». La danse ne leur est pas totalement inconnue. Serena danse dans sa chambre en écoutant Rihanna tandis que Franck bouge chez lui sur du hip-hop. Maureen pratique le modern-jazz mais envisage déjà de s’inscrire à des cours de hip-hop. Elisa, sa meilleure amie, fera la même demande à sa mère dès ce soir. Elles ont découvert que le hip hop n’est pas qu’un truc de garçons.

A onze heures, place aux spectacles. Abdou et Constance, devant un parterre attentif d’une centaine d’enfants, danse le spectacle Grizzzz. Des maternelles se joignent aux primaires. Les deux danseurs recueillent les rires et les claquements de mains des enfants pendant vingt minutes. Ils rient aux éclats quand Abdou enfile un tutu rose. Et se mettent à rêver sur un air de Casse-Noisette. Et puis, place aux stars de la journée. La musique s’enclenche et ce sont maintenant les élèves de CE2 qui dansent, sous les yeux de leurs camarades. Des bravos s’élèvent dans le public. Mesdames Grenier et Lynch, les professeurs des deux classes, restent béates devant le résultat. Malheureusement, l’heure a tourné trop vite, encore une fois. La cloche rappelle qu’il faut filer à la cantine… Les deux groupes de Constance n’auront pas le temps de danser devant l’assistance. La déception s’accompagne de sanglots chez certaines petites filles... Dommage.

Maintenant, je dois moi aussi retourner dans la vie quotidienne. La descente de ce petit coin de paradis se fait à trop grand excès de vitesse, en Vélo’v. Ce dont je me rappelle à présent, c’est qu’à l’école je n’ai jamais eu l’occasion de participer à des ateliers de danse… Indépendamment de mon implication directe à la Biennale, je salue cette initiative du service des relations avec le public, pour laquelle les écoles n’ont à débourser aucun centime. Et j’espère revoir tout bientôt le plus beau des publics de la Biennale, les enfants.

 

 


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