Le Blog - biennaledeladanse.com

Hold-up d'émotions

Publié le 25 sept.. 2010
, par Alexandre Minel
| 2 commentaires

Quelques coups de feu, un braquage et une prise d'otage du côté de l'Opéra... Et c'est toute la ville qui s'énerve. Les sirènes des CRS bousillent les tympans. Bloqués dans les transports, des voyageurs ratent leurs trains pendant que des chômeurs arrivent en retard à leurs entretiens d'embauche. Tout ça pour le bon plaisir de quelques criminels empochant quelques milliers d'euros.

Au même moment, la compagnie Astrakan s'apprête à jouer Marche, Danses de Verdure sur les hauteurs de la Croix-Rousse. Pour Daniel Larrieu et ses quatre danseurs, la journée a déjà rencontré trop de surprises. Le matin, quelques imprévus logistiques ont précédé l'annulation pure et simple de la représentation de treize heures, pour cause de pluie. Avec soulagement, ils aperçoivent enfin quelques éclaircies dans le ciel. C'était sans compter sur l'agitation du centre ville qui se répand jusqu'au parc de la Cerisaie. Des policiers jettent un coup d'oeil du côté du parc, à la recherche de quelque chose « d'anormal ». Les malfrats ne sont sans doute pas très loin… Le public arrive au compte-goutte, retardé par la circulation bloquée. Soit, Marche, Danses de Verdure commencera avec un léger différé d'une quinzaine de minutes, non sans conséquences…

Au milieu des herbes fraîches, les danseurs entament une déambulation tout autour de la Villa Gillet. Les gestes sont simples et sobres mais remarquables de précision, sur une terre humide et glissante. Les regards des interprètes se vident mais gagnent en expressivité… A merveille les danseurs s’intègrent dans ces paysages verts, debout ou assis sur des pierres. Plus un seul bruit dans le parc ; place à la contemplation de ces corps qui s’animent en solo, duo, trio, quartet ou quintet. Le bruit sourd des hélicoptères tournoient au-dessus du parc. Cette agitation extérieure se laisse dominer par la beauté des gestes. Comme dans une autre dimension, ni les danseurs, ni le public ne prêtent attention à ce brouhaha. Un quart d’heure avant la fin, une goutte puis deux puis trois chutent lourdement du ciel… Et puis des seaux d’eau s’écrasent à terre. Les parapluies s’ouvrent et des spectateurs inconnus les uns des autres « co-parapluitent ». Des visages naturels des danseurs s’échappent de touchants sourires. Ils sont trempés mais danseront jusqu’au bout.

Marche, Danses de Verdure est plutôt conçu pour être joué sous un temps ensoleillé. Dans les conditions d’hier, la pièce a ceci-dit certainement gagné en intensité et générosité. L’illégalité des uns a offert aux autres une juste contemplation de la nature.

  


  • Le 26 sept.. 2010 13:55 par Marine
    C'est "Marche, Danses de Verdure" qui illumine le ciel pluvieux!
  • Le 27 sept.. 2010 18:22 par pinko
    Qu"elle belle performance artistique avec une sensation de liberté en plein air.

Laissez votre commentaire

Retour au site de la Biennale de la Danse Rejoignez-nous sur Facebook Abonnez-vous au flux rss