Le Blog - biennaledeladanse.com

Les Célestins à l’heure flamenca

Publié le 28 sept.. 2010
, par Alexandre Minel
| 2 commentaires

Spectateurs des Célestins de ce soir, demain et jeudi, entrez en salle et installez vous confortablement dans votre fauteuil rouge. Fermez vos yeux. Ne pensez plus à rien. Détendez-vous. Quand vous entendrez se hisser le drapé du rideau, ouvrez vos paupières. Vous n’êtes plus à Lyon, ni en 2010. Bienvenue à Séville, autour des années 1900. Autour de vous, plus aucune rangée de sièges, ni de dorures sur les balcons. Imaginez que vous êtes désormais assis sur une chaise en bois, peut être bancale, accoudé avec d’autres compagnons à une table. Au milieu, une bouteille de vin rouge et quelques verres vous attendent. Les murs sont tapissés de motifs kitchs et d’affiches de tauromachie, se reflétant dans des dizaines de miroirs style rococo. Sur la scène, des poussières voltigent sous un mince filet de lumière. Les artistes arrivent. Débute un voyage d’une heure quinze en musique, chant et danse vers l’âge d’or du flamenco : le flamenco des cafés cantantes.

Silverio Franconetti créa le premier de ces cafés cantantes en 1870 à Séville. Auparavant, le flamenco se pratiquait uniquement dans le cercle familial. Dorénavant, il réunira quotidiennement des dizaines de spectateurs partout en Espagne, autour d’un triptyque délaissant la seule oralité : chant, danse, musique. Les styles se métissent entre eux. Sur la scène, des groupes aux influences gitanes en inspirent d’autres plus andalous. Grâce à ces établissements sans droit d’entrée, l’accès au loisir se démocratise dans la convivialité, ouvriers et notables partageant les mêmes espaces. Mais à partir du XXème siècle, les cafés cantantes sont victimes de leurs succès. Ils ont façonnés des stars du flamenco. Et celles-ci les abandonnent pour les grands théâtres. De sordides histoires de prostitution et bagarres agitent désormais les cafés cantantes. Le flamenco entame un rapide déclin, en devenant dans les années vingt l’apanage du grandiloquent opéra flamenco. Il s’écroulera pendant les guerres Mondiales et Civile. Aujourd’hui, il ne souffre plus d’un déficit de popularité. Il s’exporte dans le monde entier.

Néanmoins, la simple évocation des cafés cantantes étoilent toujours les yeux des amoureux du flamenco, dont ceux d’Andrés Marin. Avec sa gestuelle sobre et novatrice, le bailaor entend animer les Célestins de toute l’énergie et de la générosité propres à ces cafés d’avant-garde du XIXème siècle.

 Photo: Miguel Angel Gonzalez


  • Le 1 oct.. 2010 11:16 par Busseron
    Désolé mais ce commentaire n'est pas du tout l'éloge (bien au contraire du danseur Andrès Marin.)
    Nous sommes venus le voir avec des amis tous passionés de flamenco depuis plus de 30 ans. Malgré la qualité et l'énergie crées par ses musiciens dont un pianiste magnifique, le danseur en aucun cas n'a su décoller et emmener avec lui son public ( comme on dit il n'avait pas absolument pas " la niaque".
    Une musique dans les étoiles, un danseur dans un trou noir,sans âme qui a pourtant tous les ingredients ( physique, technique...)
    Préoccupé à bien placer sa gestuelle devant un miroir plaqué dans son cerveau même lorsqu'il fixe le public.
    Un véritable gachis pour les musiciens!!!
    Merci de ne pas placer au même rang ce danseur avec un Israel Galvan bien au delà ! ce dernier doté d'une sensualité , d'une créativité et d'une énergie vous transporte bien plus loin .
    Le montage du spectacle d'Andrès Marin était terriblement ennuyeux voire ridicule vers la fin .
  • Le 1 oct.. 2010 18:17 par BIYOGHE
    désolée de déçevoir les commentateurs précédents, mais ns avons trouvé Andrès génial!! tout le contraire de leur critique!! et en plus hier il s'est fait rappeler!!!comment ne pas apprécier la pureté de ses gestes et de sa chorégraphie!et pourtant cela n'enlève rien à Israel ni a Joachin cortes; tous apportent qqchose de neuf au Flamenco!encore merci à lui et ses musiciens pr la bonne soirée d'hier.

Laissez votre commentaire

Retour au site de la Biennale de la Danse Rejoignez-nous sur Facebook Abonnez-vous au flux rss