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Boxe à la Maison de la Danse

Publié le 24 sept.. 2010
, par Alexandre Minel
| 1 commentaire

De la boxe et du hip hop. Sur le papier, la nouvelle création de Mourad Merzouki enthousiasme ou effraie… Comme un flash revient à l’esprit cette image de Mike Tyson croquant avec cannibalisme l’oreille de son adversaire, dans une ambiance survoltée. La Maison de la Danse, nouvelle salle de ring ? Non, assurément non.

Ce qui se dévoile derrière le rideau intrigue. Des cordes des violons, altos et violoncelles s’échappent quelques notes de Schubert, le tout dans une ambiance pourpre digne d’Alice au pays des merveilles… L’entrée sur scène des danseurs surprend. Sur un mini-ring se côtoie une demi-douzaine de danseurs. Tous armés de gants de boxe aux poings, ils déploient leurs bras dans les airs, à gauche, à droite, sans jamais se heurter. Cette délicatesse frappe fort et touche, tant on s’attend plutôt à de la sueur et de la testostérone. Dans leur tenue de combat, les danseurs voltigent avec grâce autour de punching-ball fixés à terre ou tournoyants dans les airs… Mais le moment de légèreté prend fin ! Le Quatuor Debussy commence à jouer quelques uns des arpèges inquiétants composés par Philip Glass pour Dracula… La lumière s’assombrit et du ciel tombe un micro suspendu. L’arbitre s’en empare et déclenche le combat. Les coups (simulés) échangés entre les danseurs gagnent en puissance et les boxeurs s’effondrent… Pendant une heure, les allers-retours entre la douceur et la brutalité du sport s’enchaînent.

Plus jeune, Mourad Merzouki pratiquait un jour sur deux la boxe ; le jour suivant, il dansait en cachette le hip hop. L’homme aux multiples talents, dorénavant directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil, dévoile ici deux facettes du sport de combat, aucunement antonymes. D’un côté, il y a le sportif dans l’intime et l’entraînement, débordant de sensibilité. De l’autre, il y a boxeur, sur le ring, en plein combat, avec la rage de la victoire… Mourad Merzouki raconte poétiquement ce sport viril et le chorégraphie avec un respectueux langage des corps.

BOXE BOXE, un des plus beaux spectacles de la Biennale, sera à Lyon jusqu’au 9 octobre. (Malheureusement) il ne reste déjà plus que quelques dizaines de places…

Photo: Michel Cavalca

Photo ci-dessous: Mourad Merzouki le 24 septembre 2010 à Lyon


  • Le 25 sept.. 2010 22:36 par AnnaM
    spectacle dégageant beaucoup de sensibilité, généreux, émouvant et poétique. Bravo au quatuor Debussy.

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